Comment sont-ils perçus ?
Les Juifs sont perçus différemment selon la personne que vous rencontrerez en Martinique. Si vous avez en face de vous une personne de l'intelligentsia martiniquaise, vous n'aurez pas les mêmes impressions que celles d'un « martiniquais moyen ». Chez ce dernier, il ne fait aucune différence entre le Juif venu d'Afrique du Nord et les anciens immigrés d'origine syrienne ou libanaise. Même la kippah, la calotte juive qu'ils portent parfois, ne permet pas de les différencier.
Dans les années 1970, les activités de certains personnages douteux ont terni considérablement l'image de cette communauté. Certains avaient profité de la naïveté de certains locaux pour leur vendre de coûteux appareils électroménagers alors qu'ils n'avaient pas encore l'électricité. On peut citer les frères Zemmour, des Juifs algériens qui ont commis de nombreux rackets et exploits mafieux, laissant leur passage en Martinique inoubliable pour la population.
Cependant, le Juif pour le Martiniquais évoque surtout celui du Nouveau Testament, habitant de la Palestine au temps de Jésus. Aimé Césaire avait même déclaré :
Jésus-Christ était Palestinien, n'est-ce pas ? Quelle différence y a-t-il entre un Palestinien et un Juif ?
Il avait été l'un des premier à intégrer le Juif à la société créole dans son poète épique Cahier d'un retour au pays natal de 1947, il déclare :
L’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture on pouvait à
n’importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer -
parfaitement le tuer – sans avoir de comptes à rendre à personne
sans avoir d’excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot.
En 1998, ce même Césaire déclarait :
Le nègre est aussi le Juif, l’étranger, l’amérindien, l’analphabète, l’intouchable, celui qui est différent… bref, celui qui par son existence est menacé, exclu, marginalisé, sacrifié.
Pour être en contact avec la communauté juive de Martinique, rendez-vous sur le site internet : http://www.chabad.org.
Adresse de la synagogue de Martinique : 2, Rue De L'École Hotelière, 97233 Schœlcher 97233
Bibliographie
« La dissidence aux Antilles (1940-1943) » , Eric T. Jennings